Sport en Loiret : INTERVIEW CLARISSE HABRICOT
LA NOUVELLE REPUBLIQUE
La renaissance de Clarisse Habricot
Publié le 17 janvier 2010 - 10:44

DIMANCHE
À MONTBÉLIARD. Clarisse Habricot (ci-contre à gauche)
a gagné sa place pour la finale des moins de 70 kg
aux championnats de France en se défaisant de Lucile Perrotte.
Après un an d'absence, la
moins de 70 kg de l'US Orléans a réalisé
dimanche un retour probant à la compétition en s'offrant la médaille d'argent
aux championnats de France. Une jolie conclusion à des mois de galère.

Qui aurait osé miser un kopek sur la tête de Clarisse Habricot,
le dimanche 10 janvier, avant le coup d'envoi des championnats de France à
Montbéliard ? Comment imaginer qu'après treize mois sans compétition la jeune
judoka de l'US Orléans (21 ans) serait à même de se frayer une place jusqu'à la
deuxième marche du podium des moins de 70 kg ? Retour en
arrière...
Fin novembre 2008, Clarisse revient avec une médaille
de bronze des championnats d'Europe des moins de 23 ans. Mais elle est
contrainte de se faire opérer dans la foulée au ménisque de son genou gauche.
L'intervention, délicate, est suivie de complications. « Son retour à la
compétition aurait pu s'effectuer plus tôt », persiste à croire son entraîneur
à l'USO, Éric Despezelle.
Aux séances de rééducation succèdent alors de grands
moments de solitude pour Clarisse. « Je venais d'arriver à l'Insep et je ne me suis pas vraiment sentie soutenue.
Heureusement, “Cricket” (NDLR : Éric Despezelle) s'est occupé de moi. » Pour
l'amener fin prête à ces championnats de France. « Ce qui n'a pas été si
facile, sourit-elle. Car j'avais pris un peu de poids. »
Opportuniste
Elle s'est toutefois remise à la tâche avec détermination. La même
détermination qui l'a conduite à se défaire de ses adversaires avec une
étonnante facilité dimanche. « Je pense surtout m'être montrée opportuniste sur
les attaques. Mais je manque encore de sensations sur les mains parce que je
n'ai pas fait énormément de judo ces derniers temps.
Physiquement, je n'ai pas trop souffert. Mentalement, cela a été. Sauf sur le
combat contre Gustina (Augustina
Ejiofor), au deuxième tour, qui a été une vraie
souffrance émotionnelle. » Non pas parce que Clarisse a été mise en difficulté
(même si un ura-nage lui a
endolori l'épaule). « Mais parce que Gustina est une
très bonne amie à moi ; je l'adore. Avant ces championnats, on avait espéré ne
pas se rencontrer. Le sort en a décidé autrement. Ce qui ne nous a pas
empêchées de nous donner à fond ; une marque de respect, l'une envers l'autre.
»
Face à une Mylène Chollet
survoltée, qui était il y a quelques mois encore sa camarade de club à l'USO, elle a subi son seul revers de la journée. « J'aurais
voulu me battre plus. » Elle en aura sans doute l'occasion dans les prochaines
semaines. Car, n'en doutez pas, Clarisse Habricot est
bel et bien revenue.
Christine Broudic